Installateur solaire aux Antilles : les 7 vérifications clés
RGE, décennale, TVA DOM, avis clients, SAV : 7 vérifications avant de signer un devis solaire en Martinique ou Guadeloupe, et les arnaques à fuir.

Écouter le résumé
La version audio de l'article, à écouter en mains libres.
Résumé audio généré automatiquement à partir de l'article.
Vous avez un devis solaire entre les mains et une signature à poser. En Martinique comme en Guadeloupe, le photovoltaïque attire d'excellents artisans et quelques prédateurs ; les deux savent faire de belles plaquettes. La différence se joue sur des documents vérifiables, pas sur le discours commercial. Voici les sept contrôles à faire vous-même, gratuitement, avant d'engager votre toiture pour vingt ans.
1. Vérifier la certification RGE vous-même, en deux minutes
RGE (reconnu garant de l'environnement) n'est pas un logo qu'on colle sur un flyer. C'est une qualification attribuée à une entreprise identifiée par son SIRET, pour un domaine de travaux précis et une durée limitée, avec des audits de chantier.
La vérification ne passe jamais par l'installateur lui-même :
- Demandez le numéro SIRET de l'entreprise (il figure obligatoirement sur le devis).
- Ouvrez l'annuaire officiel sur france-renov.gouv.fr, rubrique « Trouvez un professionnel RGE » (france-renov.gouv.fr/annuaire-rge).
- Cherchez par SIRET plutôt que par nom : les homonymies et les « groupes » entretiennent la confusion.
- Contrôlez le domaine de travaux : QualiPV pour le photovoltaïque, Qualisol pour le chauffe-eau solaire. Un RGE « isolation » ne dit rien sur le solaire.
- Contrôlez la date de validité de la qualification.
En contre-vérification, l'annuaire de Qualit'EnR (qualit-enr.org), l'organisme qui délivre QualiPV et Qualisol, donne le même résultat. Une attestation PDF tendue par un commercial ne remplace jamais cette recherche : elle peut être périmée, ou appartenir à une autre société du même « groupe ».
L'enjeu est direct. Pour un chauffe-eau solaire, MaPrimeRénov' Outre-mer et l'aide Agir Plus d'EDF exigent un professionnel RGE : sans lui, les aides tombent. Pour le photovoltaïque, c'est encore plus net : l'arrêté tarifaire ZNI lui-même exige une attestation de qualification professionnelle au dossier. Sans QualiPV ou équivalent, pas de contrat d'achat EDF SEI, et pas de prime à l'autoconsommation.
2. Exiger l'assurance décennale, et lire trois lignes précises
L'assurance décennale est obligatoire avant l'ouverture de tout chantier (article L241-1 du Code des assurances). Elle couvre pendant dix ans les dommages qui compromettent la solidité de l'ouvrage, dont une toiture percée pour poser des panneaux.
Demandez l'attestation, puis lisez trois choses :
- La période de validité : elle doit couvrir la date d'ouverture de votre chantier, pas celle du devis.
- Les activités déclarées : « installation de procédés photovoltaïques » ou « chauffe-eau solaire » doit apparaître en toutes lettres. Une décennale « électricité générale » peut ne pas couvrir le travail en toiture.
- La zone géographique : certains contrats souscrits dans l'hexagone excluent les départements d'outre-mer ou les zones cycloniques. En Guadeloupe et en Martinique, cette ligne change tout.
Conservez cette attestation avec votre facture. La décennale suit l'ouvrage : même si l'entreprise ferme, son assureur reste tenu pendant dix ans. C'est votre filet de sécurité (voir la vérification 7).
3. Décortiquer le devis : la TVA DOM se lit en deux lignes
En Martinique et en Guadeloupe, la fiscalité du solaire est spécifique (article 296 du Code général des impôts). Le matériel est exonéré de TVA, soit 0 %, et la pose est taxée à taux réduit, soit 8.5 %. Un devis honnête montre donc deux lignes distinctes.
Deux constructions fautives circulent sur les devis locaux. Un taux de 8.5 % appliqué à tout, matériel compris : vous payez une TVA indue. Ou l'inverse, 0 % de TVA annoncé sur l'ensemble, pose comprise : le devis est faux, et ce qui commence par une TVA fantaisiste finit rarement bien.
Au-delà de la TVA, un devis complet nomme la marque et le modèle des panneaux et de l'onduleur, la puissance en kWc, le type de fixation et sa tenue au vent, le délai de pose et les conditions de SAV. « Kit solaire 3 kWc » sans autre précision n'est pas un devis, c'est une ligne de catalogue.
4. Chercher des références locales qui existent vraiment
Une entreprise qui travaille depuis des années à Baie-Mahault, au Lamentin ou à Sainte-Anne laisse des traces vérifiables. Une coquille montée pour une campagne de démarchage n'en laisse aucune.
- Tapez le nom exact de l'entreprise sur Google Maps : des avis étalés dans le temps, avec des réponses, valent mieux qu'une rafale de cinq étoiles publiées le même mois.
- Entrez le SIREN sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr : date de création, siège ou établissement en 971 ou 972, activité déclarée cohérente avec le solaire.
- Demandez deux ou trois chantiers récents dans votre secteur, et si possible un client d'accord pour en parler. Un installateur fier de son travail accepte volontiers.
Drapeau rouge : une société créée il y a quelques mois, domiciliée hors du département, sans adresse physique sur l'île. Après la pose, c'est elle que vous devrez joindre. Ou pas.
Vous voulez un point de comparaison avant de vous décider ? Notre étude gratuite chiffre le même projet, ligne par ligne, avec les barèmes ZNI en vigueur. Comparer deux devis construits différemment est le meilleur détecteur d'anomalies.
5. Reconnaître les signaux d'alarme d'une arnaque solaire
Les fraudes au photovoltaïque documentées par la DGCCRF suivent presque toujours le même script. Aux Antilles, on le retrouve à l'identique, avec quelques variantes locales.
- Le démarchage téléphonique : il est interdit pour la rénovation énergétique depuis la loi du 24 juillet 2020. Un appel non sollicité qui vous parle de panneaux est déjà une infraction, avant même le premier mensonge.
- La facture d'électricité « à zéro » : personne ne peut la garantir. L'abonnement EDF reste dû, la nuit existe, et la saison des pluies aussi.
- La prime « garantie » sur le devis : le tarif de rachat et la prime à l'autoconsommation en ZNI sont révisés chaque trimestre par la CRE. La grille actuelle court jusqu'au 2026-07-31 ; seule la date de votre demande complète de raccordement à EDF SEI verrouille le tarif. Un montant promis ferme, sans cette réserve, est un mensonge commercial.
- Le faux « partenaire EDF » : EDF ne démarche pas pour vendre des panneaux. Le nom sert de caution, rien d'autre.
- Le crédit signé le jour même : l'offre « valable aujourd'hui seulement » sert à empêcher exactement les vérifications de cet article.
- « MaPrimeRénov' finance vos panneaux » : faux, en outre-mer comme ailleurs. On vous explique pourquoi dans notre article dédié.
Un seul de ces signaux suffit à justifier une pause. Deux, et la réponse est non.
6. Tester le SAV avant la pose : le vrai différenciateur antillais
Aux Antilles, la question décisive n'est pas « qui pose le moins cher », mais « qui répondra dans trois ans ». Un onduleur en panne, c'est une production à zéro tant que personne n'intervient. Après un passage cyclonique ou dans les communes d'échouage de sargasses, où l'air corrosif use l'électronique plus vite, cette réactivité fait la rentabilité réelle de l'installation.
Posez ces questions avant de signer, et exigez les réponses par écrit :
- Quel délai d'intervention en cas de panne ?
- Les pièces courantes (onduleur, optimiseurs, circulateur) sont-elles en stock sur l'île, ou faut-il attendre un transit maritime de plusieurs semaines ?
- Proposez-vous une visite de contrôle après cyclone ?
- Existe-t-il un contrat d'entretien, et que couvre-t-il ?
- Le numéro affiché répond-il ? Appelez-le un mardi matin, avant de signer. Le test prend trente secondes.
Chez High Tech Energy, une part significative des appels reçus en Martinique et en Guadeloupe ne concerne pas des projets neufs, mais des installations existantes dont plus personne ne s'occupe. C'est le symptôme d'un marché où l'on a beaucoup vendu et peu suivi. Le SAV ne se voit pas sur un devis ; c'est pourtant lui qu'on achète.
7. Savoir qui appeler si l'installateur disparaît
Le scénario est fréquent : la société qui a posé vos panneaux ou votre chauffe-eau solaire a fermé, fusionné ou ne répond plus. Votre installation n'est pas condamnée pour autant.
- La décennale reste due par l'assureur pendant dix ans, même après liquidation de l'entreprise. D'où l'attestation conservée à l'étape 2.
- Les garanties fabricant (panneaux, onduleur, ballon) sont attachées aux numéros de série, pas à l'installateur. Une photo de la plaque signalétique suffit souvent à les retrouver.
- Un professionnel local peut reprendre le diagnostic et la maintenance d'une installation qu'il n'a pas posée : le matériel solaire est largement standardisé. Nous détaillons la marche à suivre dans notre guide des installations orphelines.
High Tech Energy reprend régulièrement ce type d'installations abandonnées, côté photovoltaïque comme côté chauffe-eau solaire. Le diagnostic vient toujours avant le devis : une installation orpheline se répare plus souvent qu'elle ne se remplace.
Le récapitulatif : 7 vérifications, 7 drapeaux rouges
| Vérification | Comment | Drapeau rouge |
|---|---|---|
| Certification RGE | Annuaire france-renov.gouv.fr, recherche par SIRET | Attestation PDF brandie en guise de preuve |
| Assurance décennale | Attestation : validité, activité PV explicite, zone DOM | Contrat excluant l'outre-mer ou muet sur le solaire |
| Devis et TVA DOM | Deux lignes : matériel 0 %, pose 8.5 % | Taux unique sur l'ensemble du devis |
| Références locales | Avis Google datés + SIREN sur annuaire-entreprises.data.gouv.fr | Société récente, domiciliée hors du département |
| Signaux d'arnaque | Croiser avec les alertes DGCCRF | Démarchage téléphonique, facture « à zéro », prime « garantie » |
| SAV après pose | Questions écrites : délais, stock de pièces, contrat | Aucun engagement écrit, numéro qui ne répond pas |
| Installateur disparu | Décennale + garanties fabricant + repreneur local | Pro qui pousse au remplacement total sans diagnostic |
Questions fréquentes
Comment vérifier qu'un installateur solaire est vraiment RGE en Martinique ou en Guadeloupe ? Demandez son SIRET et cherchez-le dans l'annuaire officiel des professionnels RGE sur france-renov.gouv.fr. Vérifiez que la qualification couvre le bon domaine (QualiPV pour le photovoltaïque, Qualisol pour le chauffe-eau solaire) et qu'elle est encore valide. L'annuaire de Qualit'EnR permet une contre-vérification.
Un installateur non RGE peut-il poser mes panneaux solaires ? Légalement, oui. Mais pour un chauffe-eau solaire, vous perdez MaPrimeRénov' Outre-mer et l'aide Agir Plus d'EDF, qui exigent un professionnel RGE. Et une entreprise qui n'a validé aucune qualification vous demande de la croire sur parole pour un chantier en toiture de vingt ans.
Comment reconnaître une arnaque aux panneaux solaires aux Antilles ? Les marqueurs les plus fiables : un démarchage téléphonique (interdit pour la rénovation énergétique depuis 2020), une facture d'électricité promise « à zéro », une prime affichée comme garantie alors que la CRE la révise chaque trimestre, un faux partenariat EDF et un crédit à signer le jour même. Un seul signal justifie de tout arrêter pour vérifier.
Que faire si l'installateur de mes panneaux solaires a fermé ? Votre installation reste protégée : la décennale engage l'assureur pendant dix ans même après la fermeture, et les garanties fabricant suivent les numéros de série du matériel. Un professionnel local peut reprendre le diagnostic et l'entretien d'une installation qu'il n'a pas posée.
Vous hésitez entre deux devis, ou vous voulez un regard neutre sur celui qu'on vous presse de signer ? Notre étude gratuite reprend ces sept points sur votre projet, avec les barèmes ZNI en vigueur et sans engagement. Vous signez ensuite en connaissance de cause, chez nous ou ailleurs.
Sources
- france-renov.gouv.fr : annuaire officiel des entreprises RGE (« Trouver un professionnel »)
- qualit-enr.org : annuaire des installateurs qualifiés QualiPV et Qualisol
- Code des assurances, art. L241-1 (Legifrance) : obligation d'assurance décennale
- service-public.fr / CGI art. 296 : TVA applicable dans les DOM
- Loi n° 2020-901 du 24 juillet 2020 (Legifrance) : interdiction du démarchage téléphonique en rénovation énergétique
- annuaire-entreprises.data.gouv.fr : vérification SIREN, SIRET et établissements
- economie.gouv.fr / DGCCRF : fraudes à la rénovation énergétique et au photovoltaïque
Votre projet solaire aux Antilles ?
Une étude gratuite et personnalisée, chiffrée avec les barèmes en vigueur, en quelques minutes et sans engagement.
Mon étude gratuite